Frankofoni, cilt.1, sa.42, ss.221-237, 2023 (Hakemli Dergi)
Notre but est de souligner le fait que la littérature perd de son importance dans tous les aspects
de la vie comme dans l’enseignement, si bien que beaucoup de cours de littérature sont même supprimés des programmes d’études. C’est une sorte de perte de prestige, une crise (Séoud), un
danger (Todorov, Houdart-Merot). Convaincu que le problème relève de la difficulté de définir
la littérature, nous cherchons à mettre en évidence comment le concept est abordé par les auteurs
contemporains des domaines variés, telles la théorie littéraire, la philosophie, la pédagogie, la
didactique, la sociologie, la sémiotique, la stylistique etc. Certains accentuent la forme, d’autres le
fond, les uns privilégient l’esthétique, les autres l’éthique et il n’y a point de consensus non plus sur
son enseignement. Pour Moran, une œuvre littéraire ne doit pas être considérée pour le seul critère
des idées reflétées ou de l’esthétique qu’elle présente. Eagleton pense que l’œuvre porte une idée,
une philosophie, une valeur morale. Sartre avance que l’auteur est responsable d’informer la société
sur les vérités. Quant à l’éducation, Todorov, pour qui la littérature est un art, donc autotélique, ne
nie pas sa valeur humaine et la prend pour un éducateur important. Barthes considère la littérature
comme le lieu d’un immense savoir politique, et affirme, dans un entretien, qu’il ne faut enseigner
que cela. Doubrovsky, qui approche de la littérature à travers une perspective purement esthétique
avance qu’elle ne peut être utile et qu’elle ne s’enseigne pas. Dans cet article où nous consacrons
une place particulière à Qu’est-ce que la littérature et citons une métaphore employée par Sartre,
nous assumons qu’un auteur, à l’instar de Voltaire, est une personne qui tire en parlant, en visant
des cibles. À travers quatre ouvrages choisis de différentes périodes, mouvements et genres, un
pamphlet de Voltaire, deux nouvelles de Guy de Maupassant et de Jean-Claude Izzo, et un poème
en prose de Baudelaire, nous indiquons que la littérature est un vaccin contre le dogmatisme
(Meirieu), qu’elle émancipe l’individu vis-à-vis de l’autorité (Compagnon), que c’est un éducateur
de tous (Todorov), qu’elle ne se sépare pas des valeurs humaines (Eagleton) et que l’auteur est la
conscience de la société (Sartre). Certes, ni le côté artistique ni la fonctionnalité de la littérature
ne sont niés (Moran). Nous concluons que la littérature transmet des valeurs universelles, qu’elle
s’enseigne et qu’elle doit regagner sa place dans l’éducation.